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RECHERCHE ET DEVELOPPEMENT

Durant la première phase de WAVE, une attention particulière a été accordée au manioc compte tenu du fait que :

– le manioc est l’aliment de base de près de 500 millions d’Africains

– le manioc est une culture stratégique pour la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté 

– la culture est menacée par deux principaux virus – la maladie de la mosaïque du manioc (CMD) et la maladie de la striure brune du manioc (CBSD), qui peuvent toutes deux entraîner des pertes de rendement de 50 à 100 %.  Des pertes de cette ampleur ont de graves conséquences sur la vie des cultivateurs de manioc, la sécurité alimentaire des personnes démunies ainsi que pour les nombreuses industries de transformation du manioc. La CBSD n’a pas encore atteint l’Afrique de l’Ouest, mais toutes les projections indiquent qu’elle l’atteindra bientôt si aucune mesure décisive n’est prise.

WAVE qui lutte contre ces menaces virales a franchi de nombreuses étapes au cours de sa première phase (2015-2019), notamment :

1. Surveillance et cartographie des foyers de maladie et des zones indemnes de virus

 

  • Des enquêtes épidémiologiques géoréférencées à l’échelle nationale ont été réalisées dans les sept pays de la phase 1 de WAVE (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Nigeria RDC et Togo). Celles-ci consistaient en des évaluations de l’état sanitaire des champs de manioc à l’aide de tablettes équipées d’une application et selon un protocole harmonisé afin de garantir la qualité des données. Dans la phase 2, une enquête épidémiologique nationale a déjà été réalisée dans les dix pays membres de WAVE.
  • Les cartes d’incidence et de sévérité de CMD et CBSD ont été produites pour les 10 pays membres de WAVE. Celles-ci indiquent les foyers de la CMD pouvant être utilisés pour le criblage de matériel génétique afin d’identifier les variétés de manioc résistantes aux virus et leur déploiement optimal. En outre, WAVE teste actuellement des variétés élites de manioc provenant de l’Afrique de l’Ouest pour leur résistance à la CBSD à Namulonge (Ouganda), un foyer de la CBSD et de la CMD.
    Ces cartes ont été mises à jour en 2021, avec les données collectées lors des premières enquêtes de terrain géoréférencées dans les champs de manioc.
  • Les sites exempts de virus ont été identifiés pour la multiplication du matériel végétal de plantation. Ce travail garantira la disponibilité́ de matériel de plantation exempt de virus aux producteurs de manioc.
  • La technologie multidimensionnelle de pointe Cube a été créée par le programme AgShare.Today avec un financement de BMGF pour la gestion des données du programme WAVE. Les données provenant d’enquêtes de terrain et d’analyses en laboratoire ont été rassemblées dans cette base de données en ligne (Cube-data). Le programme WAVE est pionnier en Afrique dans l’utilisation de cette technologie innovante pour la collecte de données agricoles.

2. Meilleure compréhension des vecteurs et des hôtes

  • L’abondance des mouches blanches, vectrices des virus du manioc, dans les champs de manioc des sept pays est connue.
  • Les échantillons de feuilles de manioc ont été analysés suivant des protocoles de laboratoire harmonisés. L’ensemble des données collectées permet des comparaisons entre les 10 pays membres de WAVE. Elles confirment déjà qu’en Afrique de l’Ouest, la CMD se propage principalement par des boutures infectées bien que les mouches blanches jouent un rôle dans la transmission de la maladie. Cela signifie que la sensibilisation des agriculteurs à l’utilisation de matériel de plantation sain pourrait conduire à des améliorations significatives.

3. Amélioration de la détection précoce et des diagnostic

  • Les outils de diagnostic ont été améliorés dans toutes les institutions membres du réseau WAVE. L’utilisation de protocoles harmonisés rend possible le suivi régional et la construction de modèles épidémiologiques de la progression de la maladie. Ceux-ci peuvent être utilisés pour orienter les stratégies de surveillance et de gestion des virus actuels et émergents.
  • Des laboratoires de biotechnologie ont été construits ou réhabilités, équipés et sont disponibles dans toutes les 13 institutions abritant le programme WAVE. En Côte d’Ivoire, où le programme WAVE a son siège, des infrastructures de diagnostic ont été construites en 2016. Comprenant cinq laboratoires de pointe (le laboratoire de biologie moléculaire/virologie, le laboratoire de biotechnologie/culture de tissus, le laboratoire de valorisation des microorganismes symbiotiques, le laboratoire de sélection assistée par la génomique et le laboratoire de prestations de service), un auditorium et des bureaux, ces installations constituent une réalisation importante dans le renforcement des capacités de la région en matière de prévention et de gestion des phytopathogènes transfrontaliers.
  • La production et la distribution de plantes saines ont été améliorées. Les installations actuelles de WAVE en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Bénin et au Ghana permettent de produire en masse des vitro plants indemnes de virus.
  • Les cultivars de manioc résistants aux virus de CMD ont été identifiés. Ceux-ci peuvent maintenant être utilisés pour créer de nouvelles variétés pour les producteurs.
  • Des travaux de surveillance sont entrepris pour étudier la progression de la CBSD en Afrique centrale. La CBSD n’a pas encore été détectée en Afrique de l’Ouest. Cependant, les enquêtes WAVE ont confirmé qu’elle est présente dans l’est de la RDC indiquant ainsi que la maladie se propage vers l’Afrique de l’Ouest. Cela signifie que le travail effectué par WAVE pour suivre et identifier les virus et mettre en place des initiatives pour lutter contre leur propagation, comme la production de matériel végétal sain et la participation du public, est plus important que jamais.

4. Partage des connaissances et des protocoles

  •  Des actions de sensibilisation et des formations ont été menées dans les 10 pays membres de WAVE. WAVE a organisé des ateliers de formation, des journées agricoles et des campagnes médiatiques dans tous les pays membres afin de sensibiliser davantage les agriculteurs, les agents de vulgarisation, les décideurs et l’opinion publique à la menace que représente la CBSD et de former les producteurs à la reconnaissance des symptômes de la maladie et à sélectionner du matériel de plantation sain. .
  • Des informations clés ont été partagées avec les généticiens sélectionneurs. Des protocoles sur l’utilisation, la production et l’identification de matériel végétal sain, ainsi que des informations sur les foyers de maladie et les localités exemptes de virus ont été partagés avec les sélectionneurs et les multiplicateurs.